Vidéos de torture animale sur internet : ARGOS42 sollicite l’ambassade de Chine
Depuis 2023, des réseaux criminels organisés produisent et vendent sur Telegram des vidéos de torture de chats. Des vidéos [certains descriptifs dans cet article peuvent heurter la sensibilité. Par ailleurs, compte-tenu de l’atrocité des images, argos42.org a fait le choix de ne pas les dévoiler, NDLR] filmées à la demande. Des actes commandés comme des produits. Une économie de la cruauté qui génère jusqu’à 1 300 dollars par vidéo. Et une plateforme numérique qui, pour l’heure, reste largement impunie.
Face à cette réalité documentée par des enquêtes journalistiques internationales, CNN en mai 2025, ARGOS42 a décidé d’agir à plusieurs niveaux simultanément. Parmi nos démarches : un courrier officiel adressé à l’ambassade de la République populaire de Chine en France. Voici pourquoi.

Une crise mondiale qui prend racine en Chine
La majorité des auteurs identifiés dans ces réseaux opèrent depuis la Chine. Ce n’est pas une hypothèse : c’est ce que montrent les enquêtes menées par le collectif Feline Guardians, qui surveille ces groupes Telegram depuis plusieurs années.
Les chiffres sont vertigineux. Plus de 12 000 vidéos recensées en trois ans. Une augmentation de 500 % du volume de contenus entre juin 2024 et février 2025 sur les groupes surveillés. En février 2025, une nouvelle vidéo était mise en ligne toutes les deux heures et demie en moyenne, contre toutes les quatorze heures huit mois plus tôt.
Ce n’est pas de la maltraitance isolée. C’est une industrie.
Les auteurs, majoritairement de jeunes hommes entre 16 et 24 ans, souvent étudiants, filment, monétisent et répondent à des commandes personnalisées. Des acheteurs localisés aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Australie, mais aussi en Europe, financent à distance des actes de torture qu’ils ne commettraient pas eux-mêmes.
Pourquoi la Chine est au cœur du problème
La réponse tient en une ligne : la Chine est le seul grand pays industrialisé au monde à ne pas disposer de loi générale contre la cruauté animale.
Plusieurs propositions de loi ont été soumises à l’Assemblée nationale populaire chinoise, en 2009, 2017, 2018, 2020 et 2021. Aucune n’a été adoptée. Résultat : torturer un animal de compagnie n’est pas un crime en Chine. Filmer cet acte non plus. Le vendre encore moins.
Cette absence législative crée un vide juridique que ces réseaux exploitent délibérément. Le gouvernement chinois est pourtant capable d’agir vite lorsqu’il le décide : il censure rapidement les discours politiques ou les contenus pornographiques. Mais face aux vidéos de torture animale, l’inaction est systématique.
Ce n’est pas un oubli. C’est un choix, et ce choix a des conséquences à l’échelle mondiale.
Des mineurs impliqués : une dimension aggravante
L’un des aspects les plus préoccupants de ces réseaux est la présence documentée de mineurs. Ils sont recrutés comme diffuseurs, parfois comme auteurs. Ils sont exposés à des contenus d’une violence extrême, dans des groupes où la cruauté est normalisée, célébrée, mise en concurrence.
Il ne s’agit pas seulement d’une urgence pour les animaux. C’est aussi une urgence pour l’enfance.
En 2025, la RSPCA au Royaume-Uni a enregistré une hausse de 27 % des signalements liés à ces contenus. Aux États-Unis, des militantes ayant tenté d’exposer ces réseaux ont reçu des menaces de mort et ont été victimes de harcèlement ciblé. Ces réseaux n’hésitent pas à s’en prendre à ceux qui les dénoncent.
La mobilisation citoyenne est au rendez-vous : plus de 42 000 personnes ont déjà exigé des sanctions contre ces réseaux, la suppression de ces contenus par les plateformes et la fin de toute monétisation liée à la maltraitance animale.
Ce qu’ARGOS42 a fait : un courrier à l’ambassade de Chine en France
ARGOS42 a adressé un courrier officiel à l’ambassade de la République populaire de Chine en France, à Paris.
Notre démarche repose sur un constat simple : tant que la Chine ne se dote pas d’une législation pénalisant la cruauté animale, ces réseaux continueront de prospérer sur son territoire, quel que soit le niveau de modération des plateformes numériques occidentales.
Dans ce courrier, ARGOS42 demande formellement aux autorités chinoises représentées en France de :
- Prendre acte de l’ampleur documentée de ces réseaux et de leur ancrage territorial en Chine ;
- Engager un dialogue avec les associations françaises et européennes de protection animale sur cette problématique ;
- Soutenir l’adoption d’une législation nationale contre la cruauté animale, attendue depuis plus de deux décennies ;
- Coopérer avec les autorités judiciaires et policières européennes pour l’identification et la poursuite des auteurs et des commanditaires.
Ce courrier s’inscrit dans une stratégie de plaidoyer et de lobbying plus large. ARGOS42 a également saisi divers institutions et interpellé plusieurs eurodéputés pour qu’ils soumettent une question écrite à la Commission européenne sur les failles du règlement européen.
Ce que vous pouvez faire
La diplomatie associative a ses limites. La pression citoyenne, elle, n’en a pas.
- Signalez tout contenu de ce type sur les plateformes numériques via leurs outils de signalement intégrés.
- Soutenez nos actions de plaidoyer en nous rejoignant en soutenant l’association.
- Partagez cet article pour que le grand public comprenne que ces réseaux ne sont pas une rumeur : ils sont documentés, organisés, lucratifs, et des animaux en sont victimes en ce moment même.
- Suivez les actions d’ARGOS42 sur ce dossier. Nous publierons les réponses obtenues, ou leur absence, au fur et à mesure de l’avancement de nos démarches.
ARGOS42 est une association loi 1901, 100 % bénévole, sans subvention publique, dont l’action repose sur le lobbying institutionnel, le plaidoyer juridique et la sensibilisation du grand public à la cause animale.


Laisser un commentaire