Victoire : l’abattage des chiens errants supprimé du projet de loi, mais le combat ne fait que commencer

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C’est une victoire, et elle est immense. La commission mixte paritaire  (CMP) réunie hier, jeudi 16 juillet 2026 a supprimé la disposition de l‘article 14 du projet de loi d’urgence agricole qui autorisait les préfets de Guadeloupe, de Guyane, de Martinique, de La Réunion et de Mayotte à ordonner l’abattage de chiens errants et divagants. Des milliers de chiens qui étaient, il y a dix jours encore, sous la menace directe d’une balle, ne le sont plus.

Cette victoire, elle est la vôtre autant que la nôtre. Elle est le résultat d’une mobilisation express : une pétition signée par des dizaines de milliers de personnes, des courriers envoyés à des ministres et à des parlementaires, un dialogue tendu mais assumé avec l’autrice du texte, et une pression médiatique construite jour après jour. Elle prouve une chose simple : quand la mobilisation est rapide, argumentée et sans relâche, elle peut faire reculer une décision qui semblait actée.

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Ce qui vient d’être supprimé, et pourquoi c’était nécessaire

Le texte adopté par le Sénat le 2 juillet dernier autorisait des agents de l’État, des lieutenants de louveterie et de simples détenteurs de permis de chasser à abattre des chiens errants, pendant deux mois, sur l’ensemble du territoire d’une commune. Pas dans une réserve de chasse : dans les rues, près des maisons, à proximité des écoles. Sans encadrement vétérinaire. Sans droit de recours pour les habitants.

Ce dispositif ne répondait à aucune logique d’efficacité. En Martinique, la seule fourrière de l’île euthanasie déjà entre 3 000 et 4 000 chiens chaque année depuis 2021, sans que l’errance canine n’ait jamais reculé. Ajouter un mode d’exécution supplémentaire à une politique déjà en échec depuis cinq ans n’aurait rien résolu, sinon donner l’illusion d’une action, au prix d’une violence visible et inutile.

Une mobilisation qui a tout changé

Depuis notre première alerte du 6 juillet, Argos42 n’a rien lâché. Nous avons directement interpellé la sénatrice Catherine Conconne, autrice de l’amendement, qui nous a répondu qu’elle « assumait » sa position sans jamais répondre sur le fond. Nous avons écrit à la Ministre des Outre-mer et à la Ministre de l’Agriculture. Nous avons pris contact avec des parlementaires susceptibles de siéger à la commission mixte paritaire, en leur transmettant un projet d’amendement de suppression. Et surtout, nous avons pu compter sur une mobilisation citoyenne qui a dépassé toutes nos attentes : plusieurs dizaines de milliers de signatures en quelques jours à peine.

Cette victoire n’est pas tombée du ciel. Elle a été arrachée, texte après texte, courrier après courrier, signature après signature.

Ce combat, Argos42 le mène entièrement bénévolement, sans aucune subvention publique. Chaque courrier envoyé, chaque heure passée à documenter ce dossier, chaque relance presse : tout repose sur l’engagement de bénévoles et sur le soutien de personnes comme vous.

 

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Ce qui reste à obtenir : la vraie bataille commence maintenant

Nous voulons être clairs : cette victoire ne referme pas le dossier. Elle retire une mesure dangereuse et inefficace, mais elle ne règle en rien la cause profonde de l’errance canine dans les outre-mer. Tant qu’aucun plan de stérilisation massive ne sera mis en œuvre, le problème que ce texte prétendait résoudre restera entier, et de nouvelles tentatives de solutions expéditives pourraient ressurgir demain.

Argos42 appelle, dès aujourd’hui, à la mise en place d’une grande campagne nationale de stérilisation dans les départements et régions d’outre-mer concernés, financée à la hauteur de l’enjeu, accompagnée d’un contrôle réel de l’identification obligatoire et de sanctions effectives contre les propriétaires qui abandonnent leurs animaux. C’est la seule réponse qui s’attaque à la cause, plutôt qu’à ses conséquences les plus visibles.

Nous n’allons pas nous démobiliser après cette victoire. Au contraire : c’est le moment de transformer ce succès en changement durable, avant que la pression retombe et que le sujet ne redevienne invisible.

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Merci

Merci à chacune et chacun d’entre vous qui avez signé, partagé, écrit à un parlementaire, relayé notre combat sur les réseaux. Merci aux parlementaires qui ont porté cette voix jusque dans la commission mixte paritaire. Cette victoire montre que la mobilisation citoyenne, quand elle est rapide et déterminée, peut encore faire bouger les lignes, même à quelques jours d’un vote qui semblait joué d’avance.

Restons mobilisés. La cause animale ne se gagne jamais une fois pour toutes.

 


Argos42 est une association loi 1901 de protection animale, 100 % bénévole et sans subvention publique, agissant par le plaidoyer, l’action juridique, la sensibilisation et l’éducation en faveur des chiens et des chats.



2 réponses

  1. Avatar de Françoise
    Françoise

    Quelle excellente nouvelle pour bien commencer ma journée ! Bravo bravo pour cette bataille gagnée, la solidarité des nombreuses signatures a payé ! La prochaine bataille, à mon sens, est une action de masse en faveur de la stérilisation partout et principalement dans les dom tom, c’est ce que les maires et responsables de territoires doivent absolument mettre en place, elle est là la vraie solution pérenne. On sera là pour signer encore et encore !

    1. Avatar de L’équipe modération d’ARGOS42
      L’équipe modération d’ARGOS42

      Merci infiniment pour ce message, ça fait chaud au cœur de le lire ce matin !

      Vous avez totalement raison : cette victoire, c’est avant tout celle de toutes les signatures et de tous les partages — sans cette mobilisation collective, ce texte serait passé sans que personne ne s’y oppose vraiment. Merci d’en avoir fait partie.

      Et vous mettez le doigt exactement sur ce qui doit venir maintenant. La suppression de ce texte retire une mauvaise réponse, mais elle ne résout rien à la racine : sans un vaste plan de stérilisation, financé et mis en œuvre concrètement par les collectivités et l’État dans les DOM-TOM, l’errance canine continuera, et d’autres solutions expéditives risquent de resurgir dans quelques mois ou quelques années. C’est exactement le combat qu’Argos42 porte désormais : obtenir un engagement chiffré et durable, pas seulement le retrait d’un mauvais texte.

      On compte sur vous pour la suite, autant que pour celle-ci !

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