« J’assume ce choix ! », la sénatrice à l’origine de l’amendement sur les chiens errants refuse de répondre à Argos42

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Depuis l’adoption au Sénat, le 2 juillet 2026, de l’amendement autorisant l’abattage de chiens errants dans les départements et régions d’outre-mer, Argos42 a engagé un dialogue direct avec Catherine Conconne, sénatrice de la Martinique et autrice de ce texte. Nous vous partageons aujourd’hui le résultat de cet échange, et pourquoi il renforce, plutôt qu’il n’apaise, notre détermination à obtenir le retrait de ce dispositif avant la commission mixte paritaire du 16 juillet 2026.

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Pourquoi Argos42 a interpellé directement l’autrice de l’amendement

Un amendement ne sort jamais de nulle part : il porte le nom d’un ou d’une élue qui en défend le contenu et les conséquences. Avant de multiplier les courriers à d’autres parlementaires, il nous a semblé essentiel de nous adresser directement à celle qui a porté ce texte, pour comprendre les raisons de son choix et lui présenter une alternative fondée sur la prévention plutôt que sur l’abattage.

Nous lui avons posé deux questions simples, factuelles, vérifiables :

  1. Comment expliquer que cinq années d’euthanasie massive en Martinique, 3 000 à 4 000 chiens euthanasiés chaque année depuis 2021 par la seule fourrière de l’île, n’aient jamais fait reculer l’errance canine ?
  2. Pourquoi ce texte ne s’accompagne-t-il d’aucun engagement chiffré de l’État pour un plan de stérilisation massive, seule mesure dont l’efficacité est documentée sur le long terme ?

« J’assume ce choix ! » : une réponse qui évite les faits

La première réponse de la sénatrice a été sans appel sur la forme, mais silencieuse sur le fond : « J’assume ce choix ! », nous a-t-elle écrit, ajoutant assumer sa décision « aux côtés » des éleveurs martiniquais confrontés à la prédation sur leurs troupeaux.

Nous comprenons et reconnaissons pleinement la réalité de cette détresse. Plus de 500 bêtes ont été prédatées en Martinique en 2025, et près de 200 depuis le début de 2026 : ce sont des chiffres réels, qui ne doivent jamais être minimisés. Mais reconnaître un problème n’implique pas d’en valider n’importe quelle solution. Nous avons donc maintenu nos deux questions.

« Laissez les martiniquais libres de leur existence. Libres de gérer leur réalité. Faites au mieux chez vous et laissez nous vivre […] Cette disposition n’a pas pour but de déclencher un colloque de plus sur les chiens errants. C’est à cet exercice que vous vous adonnez hélas […] Vous pensez vraiment et c’est tout de même assez méprisant pour moi que j’aurais introduit cet amendement juste un matin par petit caprice sans avoir fait le tour de toutes les données que vous évoquez ? Franchement !!!! Laissez les martiniquais gérer leur situation ! Ne nous infantilisez pas !!!»

Dans un second échange, la sénatrice a expliqué que sa démarche relevait d’« opérations ciblées, limitées et encadrées dans le temps », et a estimé qu’il n’appartenait pas à une association de protection animale française  implantée en dehors de la Martinique de porter un avis sur une mesure « très ciblée » sur son territoire, concluant : « les Martiniquais sont les meilleurs spécialistes des affaires martiniquaises » , «Laissez nous faire».

Pourquoi cet argument ne répond toujours pas à la question

Nous respectons pleinement la légitimité des élus ultramarins à porter les préoccupations de leur territoire, et nous n’avons à aucun moment mis en doute leur connaissance du terrain. Mais un rappel s’impose : la Martinique est un territoire français, cette loi est une loi nationale votée par le Sénat de la République, applicable au nom de l’ensemble des citoyens français. Une association française de protection animale a exactement la même légitimité qu’un citoyen français à interpeller un parlementaire sur un texte que celui-ci a fait adopter au niveau national. Ce n’est pas une ingérence extérieure : c’est le fonctionnement normal du débat démocratique.

Et surtout, répondre à une question factuelle par un argument d’identité territoriale ne fait disparaître aucun fait. Le bilan de cinq années d’euthanasie massive en Martinique reste ce qu’il est, quelle que soit l’adresse postale de celui qui le rappelle. Aucune des deux questions posées par Argos42 n’a, à ce jour, trouvé de réponse sur le fond.

Ce que cet échange change pour la suite du dossier

Cet échange confirme ce qu’Argos42 redoutait depuis l’adoption de l’amendement : ce texte a été voté sans qu’aucun bilan chiffré de l’efficacité des politiques d’euthanasie déjà menées n’ait été établi, et sans qu’aucun plan de stérilisation ne l’accompagne. Face à cette absence de réponse, Argos42 élargit son action :

  • Envoi de courriers à d’autres parlementaires susceptibles de siéger à la commission mixte paritaire du 16 juillet, accompagnés d’un projet d’amendement de suppression du volet destruction ;
  • Sollicitation d’une question écrite au Gouvernement sur l’efficacité réelle des politiques d’euthanasie déjà pratiquées en outre-mer ;
  • Courriers à la Ministre des Outre-mer et à la Ministre de l’Agriculture pour leur demander de porter, avant la CMP, un engagement chiffré en faveur d’un plan de stérilisation.

Comment agir dès maintenant

Il reste quelques jours avant que ce texte ne soit définitivement tranché. Chaque signature et chaque partage renforcent le poids de notre mobilisation face à des arguments qui, jusqu’ici, n’ont apporté aucune réponse aux questions posées.

Signer la pétition

Argos42 continuera de documenter ce dossier et de vous informer de son évolution jusqu’au 16 juillet 2026, et au-delà si nécessaire.

Foire aux questions

Qui a déposé l’amendement autorisant l’abattage des chiens errants en outre-mer ? L’amendement n° 604 a été déposé par la sénatrice de la Martinique Catherine Conconne et plusieurs membres du groupe Socialiste, Écologiste et Républicain, et adopté par le Sénat le 2 juillet 2026.

Qu’a répondu la sénatrice Conconne aux questions d’Argos42 ? Elle a affirmé assumer pleinement son choix et considère que ce dispositif est encadré et limité. Elle n’a en revanche apporté aucune réponse chiffrée sur le bilan des politiques d’euthanasie déjà menées en Martinique depuis 2021, ni sur l’absence de plan de stérilisation associé au texte.

Ce dialogue va-t-il changer le contenu du texte avant la commission mixte paritaire ? Rien n’est acquis. C’est précisément pourquoi Argos42 élargit désormais son action à d’autres parlementaires et au Gouvernement, en vue de la commission mixte paritaire du 16 juillet 2026, qui tranchera définitivement ce texte.

2 réponses

  1. Avatar de Isabelle Guilberteau
    Isabelle Guilberteau

    Honteux!!! Comment prendre une telle décision en 2026 ???
    Encore une politique sans cerveau …

  2. Avatar de Ghislaine Louise Marie Irr
    Ghislaine Louise Marie Irr

    On reconnaît un pays à la façon dont il traite les animaux…..pas de quoi être fière d’être Français actuellement !

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