Chiens errants : le Sénat vient de légaliser leur mise à mort dans les outre-mer. Argos42 refuse ce silence.

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Le 2 juillet 2026, dans une indifférence presque totale, le Sénat a voté un texte qui va changer radicalement le sort de milliers de chiens en Guadeloupe, en Guyane, en Martinique, à La Réunion et à Mayotte. Ce texte autorise les préfets de ces territoires à ordonner, pendant deux mois, des opérations de destruction de chiens errants et divagants. Une commission mixte paritaire doit trancher définitivement ce texte le 16 juillet 2026. D’ici là, il reste une fenêtre, étroite mais réelle, pour l’empêcher. Argos42 vous explique ce que ce texte contient vraiment, pourquoi il ne réglera rien, et ce que vous pouvez faire, dès aujourd’hui, pour peser sur la décision finale.

Ce que le Sénat a réellement voté

Dans le cadre du projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles, les sénateurs ont adopté un amendement (article 14) qui prévoit deux choses.

D’abord, il permet aux lieutenants de louveterie d’intervenir en Guadeloupe, en Guyane, en Martinique, à La Réunion et à Mayotte pour la prévention et la lutte contre les attaques de chiens errants et divagants, à la demande du préfet, une compétence qui leur était jusqu’ici refusée pour les animaux domestiques.

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Ensuite, et c’est le point qui doit tous nous alarmer, le texte prévoit que si, après des opérations de capture, des attaques persistantes contre des animaux domestiques ou des personnes sont constatées sur le territoire d’une commune, le préfet peut ordonner, par arrêté motivé, pour une durée maximale de deux mois, des opérations de destruction de ces chiens. Ces opérations pourraient être menées par les agents de la force publique, les lieutenants de louveterie, les agents assermentés de la police de la chasse, ou toute personne titulaire d’un permis de chasser réquisitionnée par le préfet.

La seule garantie prévue : une information préalable des habitants de la commune, dans un délai qui ne peut être inférieur à trois jours. Aucun droit d’opposition. Aucun encadrement vétérinaire des mises à mort. Aucun contrôle indépendant sur la réalité du critère « d’attaques persistantes », laissé à la seule appréciation du préfet.

Concrètement : des chiens pourront être abattus non pas dans des zones de chasse réservées, encadrées, éloignées des habitations, mais partout où ils se trouvent, dans une rue, près d’une cour d’école, à quelques mètres d’un enfant qui joue.

 

Une crise réelle, une réponse qui ne réglera rien

Argos42 ne nie pas la réalité du problème que ce texte prétend résoudre. En Martinique, la production de la filière ovins-caprins a été divisée par deux en quinze ans, et le nombre d’éleveurs par cinq. Plus de 500 bêtes ont été prédatées par des chiens errants en 2025, et près de 200 depuis le début de 2026. Cette détresse est réelle, et nous la reconnaissons.

Mais la réponse choisie par le Sénat n’a jamais fonctionné, nulle part, et les chiffres le prouvent de manière implacable.

Des années d’euthanasie massive, sans aucun résultat

En Martinique, la seule fourrière de l’île euthanasie déjà entre 3 000 et 4 000 chiens chaque année, depuis 2021. Cela représente, en cinq ans, entre 15 000 et 20 000 chiens mis à mort,  et l’errance canine n’a jamais reculé sur l’île. À La Réunion, ce sont 7 250 chiens et 2 250 chats qui sont euthanasiés chaque année, selon des données relayées dans une question parlementaire. Si l’élimination massive suffisait à régler le problème de l’errance, cela ferait bien longtemps que la Martinique et La Réunion n’auraient plus de chiens errants. Ce n’est pas le cas. Et ce ne le sera jamais tant que la cause réelle du phénomène ne sera pas traitée.

La vraie cause : l’irresponsabilité humaine, jamais sanctionnée

Cette cause, elle est humaine, pas animale. Près de 90 % des chiens présents en Martinique ne sont identifiés d’aucune manière. Sans identification, impossible de retrouver un propriétaire, d’engager sa responsabilité, ou de le sanctionner lorsqu’il abandonne son animal. L’identification est pourtant obligatoire en France depuis des années. Ce n’est pas la loi qui manque : c’est son application, et la volonté politique de la faire respecter.

Un chien qui erre dans une rue de Fort-de-France ou de Saint-Denis de La Réunion n’a pas choisi d’y naître, ni d’y être abandonné. Il paie, seul, l’absence de stérilisation massive, l’absence de contrôle réel des propriétaires, et des décennies d’inaction publique. Le faire payer une seconde fois, de sa vie, par un coup de fusil, n’est pas une politique de régulation animale. C’est un aveu d’échec transformé en solution de façade.

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Ce qu’Argos42 exige avant le 16 juillet 2026

Face à cette situation, Argos42 porte des demandes précises, adressées aux parlementaires qui siégeront à la commission mixte paritaire (CMP) :

  1. Le retrait pur et simple du volet « destruction » de l’article 14 de ce texte ;
  2. Un plan national de stérilisation massive et financée des animaux domestiques dans les départements et régions d’outre-mer, seule réponse qui a fait ses preuves partout où elle a été appliquée avec des moyens réels ;
  3. Un contrôle renforcé de l’identification obligatoire, assorti de sanctions réelles et systématiques pour les propriétaires qui abandonnent ou ne font pas identifier leurs animaux ;
  4. Une véritable concertation entre l’État, les associations de protection animale, les éleveurs et les vétérinaires, plutôt qu’un texte voté dans la précipitation, sans étude d’impact sérieuse sur son efficacité réelle.

Comment agir concrètement, dès aujourd’hui

Il reste une fenêtre de quelques jours avant que ce texte ne soit définitivement tranché en commission mixte paritaire, le 16 juillet 2026. Après cette date, il sera trop tard pour peser sur son contenu. Chaque action compte, et chacune prend moins de deux minutes.

Signez la pétition

Vous pouvez également relayer cette pétition autour de vous : chaque partage augmente la pression sur les parlementaires avant leur réunion décisive. Argos42 mène l’ensemble de ses actions de plaidoyer, courriers aux ministres, aux préfets, aux parlementaires, communiqués de presse, mobilisation citoyenne, bénévolement et sans aucune subvention publique. Vous pouvez soutenir ce travail en faisant un don.

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Foire aux questions

Le Sénat a-t-il vraiment voté l’abattage des chiens errants dans les outre-mer ?

Oui. Le 2 juillet 2026, le Sénat a adopté un amendement qui autorise les préfets de Guadeloupe, Guyane, Martinique, La Réunion et Mayotte à ordonner, pour une durée maximale de deux mois, des opérations de destruction de chiens errants et divagants, en cas d’attaques persistantes constatées après l’échec de tentatives de capture.

Ce texte est-il déjà définitivement adopté ?

Non. Il doit encore être examiné par une commission mixte paritaire, réunissant sénateurs et députés, le 16 juillet 2026, avant une adoption définitive prévue fin juillet.

Pourquoi tant de chiens errants sont-ils euthanasiés en Martinique et à La Réunion ?

Principalement en raison de l’absence de stérilisation massive des animaux domestiques et du non-respect généralisé de l’obligation d’identification, qui concerne près de 90 % des chiens en Martinique. Ces manquements empêchent tout contrôle réel des propriétaires et alimentent en continu le phénomène d’errance.

Que peut-on faire pour s’opposer à ce texte avant le 16 juillet ?

Signer et partager la pétition portée par Argos42  et relayer l’information autour de soi. Argos42 adresse également des courriers directs aux ministres, aux préfets et aux parlementaires impliqués dans ce dossier.


Argos42 est une association loi 1901 de protection animale, 100 % bénévole et sans subvention publique, agissant par le plaidoyer, l’action juridique, la sensibilisation et l’éducation en faveur des chiens et des chats.

Une réponse

  1. Avatar de Marie-Ange FAURE
    Marie-Ange FAURE

    Inadmissible et atroce cette manière de réguler les chiens.

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