Gina est morte comme Neko : pourquoi le protocole de la SNCF ne protège personne
Le 1er juillet 2026, à la gare de Paris-Lyon, une chatte de 12 ans nommée Gina s’échappe de son sac de transport sur le quai. Elle se retrouve sous une rame sur le point de partir. Sa famille alerte aussitôt les agents SNCF. Vingt minutes passent. Personne ne descend sur la voie. Le train démarre. Gina meurt écrasée.
Ce n’est pas un fait divers isolé qu’on pourrait mettre sur le compte de la malchance. C’est la répétition, presque à l’identique, d’un drame que la SNCF avait déjà vécu, et pour lequel elle avait déjà promis une solution.

Un protocole né d’un premier drame, en janvier 2023
Il y a trois ans, en gare de Montparnasse, un chat nommé Neko mourait exactement de la même façon : échappé sur le quai, signalé aux agents, et tué par le départ du train. L’affaire avait fait grand bruit. La SNCF avait alors instauré ce qu’on a appelé le « protocole Neko » : en cas d’animal signalé sur les voies, un délai de 20 minutes est accordé avant le départ du train.
Sur le papier, c’est une avancée. Dans les faits, ce protocole n’a jamais réglé le vrai problème : il fixe un délai, mais n’impose à aucun moment qu’un agent descende physiquement sur la voie pour aller chercher l’animal. Vingt minutes s’écoulent, personne n’intervient, et le train repart comme si de rien n’était.
C’est très exactement ce qui s’est passé pour Gina. Le protocole a été respecté à la lettre — et il a quand même abouti à la mort de l’animal.
Ce que dit la loi
Depuis 2015, l’article 515-14 du Code civil reconnaît les animaux comme des êtres vivants doués de sensibilité. Ce n’est pas un simple symbole : cette qualification impose une vigilance particulière à toute entreprise dont l’activité peut mettre en danger la vie d’un animal, ce qui est très clairement le cas d’un exploitant ferroviaire.
Sur le plan pénal, deux textes sont particulièrement concernés :
- L’article R.653-1 du Code pénal, qui sanctionne le fait de causer la mort d’un animal par négligence ou manquement à une obligation de sécurité.
- L’article 521-1 du Code pénal, qui punit les actes de cruauté ou sévices graves envers un animal de deux ans d’emprisonnement et 30 000 € d’amende, dès lors qu’une abstention d’intervention serait caractérisée comme délibérée.
Un protocole interne, même écrit noir sur blanc, ne dispense pas une entreprise de ses obligations légales. Et quand ce protocole échoue deux fois de la même manière en trois ans, la question n’est plus seulement éthique : elle devient juridique.
ARGOS42 saisie la SNCF
Face à ce constat, ARGOS42 a adressé une correspondance à Jean Castex, Président-directeur général de la SNCF, lui demandant de refondre en profondeur son protocole de sécurisation des animaux sur les voies. Nous y détaillons les faits, le cadre juridique applicable, et six demandes concrètes : fin du délai chronométré sans intervention humaine, coupure du courant de traction pendant les interventions, protocole écrit et public, mobilisation systématique des secours, bilan annuel chiffré, et concertation avec les associations de protection animale.
Vous pouvez consulter l’intégralité de notre courrier ci-dessous :
Pourquoi votre signature compte
Une mise en demeure a plus de poids quand elle est portée par une mobilisation visible. C’est pour ça que nous avons aussi lancé une pétition publique, qui reprend les mêmes demandes que notre courrier officiel.
Signez la pétition : la SNCF doit revoir son protocole pour protéger les animaux sur ses voies
Chaque signature renforce notre dossier et montre à la SNCF que ce sujet ne restera pas sans suite. Gina et Neko ne sont pas des cas isolés : ils sont la preuve qu’un protocole mal conçu tue, deux fois, de la même manière.
Ce qu’ARGOS42 continue de suivre
Ce dossier s’inscrit dans notre mission de plaidoyer et de défense juridique des animaux, aux côtés de nos actions sur l’interdiction des salons de vente de chiots, la lutte contre les réseaux de maltraitance animale en ligne, et l’évolution du statut juridique de l’animal. Nous continuerons à informer nos adhérents et donateurs de l’évolution de ce dossier, réponse de la SNCF ou action judiciaire à l’appui.
Vous pouvez soutenir ce travail de plaidoyer, mené entièrement par des bénévoles et sans subvention publique, en faisant un don à ARGOS42 ou en devenant adhérent.


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