Riya est enfin en sécurité : la justice condamne sa propriétaire pour maltraitance animale
Trois ans. C’est le temps qu’il a fallu pour que la justice reconnaisse officiellement ce que les associations de protection animale défendaient depuis le premier jour : Riya, chienne retrouvée agonisante dans un local à poubelles de la Loire en avril 2023, était victime de maltraitance animale. Le 16 février 2026, le tribunal correctionnel de Saint-Étienne a rendu son délibéré. La propriétaire de Riya est condamnée. La chienne reste officiellement auprès de l’association qui l’a sauvée. Un jugement qui fait date — et qui mérite qu’on s’y arrête.

L’affaire Riya en bref : une chienne, une découverte, un combat
Le 9 avril 2023, Diane Gouhier, présidente de l’association Cœur sur Pattes, découvre Riya dans un état critique à La Fouillouse, dans la Loire. Déshydratation sévère, anémie, blessures internes, prolapsus utérin. La chienne est transportée en urgence chez un vétérinaire et survit grâce à plus de 7 000 euros de soins, intégralement pris en charge par l’association.
Depuis ce sauvetage, Riya vit auprès de Cœur sur Pattes. Mais pendant trois ans, sa situation juridique est restée suspendue au fil de deux procédures distinctes. Pour comprendre le contexte complet de cette affaire, ses rebondissements et la mobilisation qu’elle a suscitée, retrouvez notre suivi complet sur notre page dédiée à l’affaire Riya.
Cet article se concentre sur ce qui s’est passé le 16 février 2026 : le jugement pour maltraitance animale, et ce qu’il signifie concrètement.
Le jugement du 16 février : ce que le tribunal a décidé
Le tribunal correctionnel de Saint-Étienne statuait sur citation directe de Cœur sur Pattes pour maltraitances et sévices infligés à Riya. L’audience s’était tenue le 23 janvier 2026. Le délibéré a été rendu le 16 février.
La propriétaire est relaxée sur le volet des sévices, mais reconnue coupable de maltraitance animale. La distinction est importante : les sévices supposent une intention de nuire caractérisée, quand la maltraitance peut résulter d’une négligence grave ou d’un manquement aux obligations de soins. C’est sur ce dernier point que le tribunal a retenu la culpabilité.
De plus, la propriétaire est condamnée à une amende de 1 000 euros avec sursis. Elle devra rembourser près de 6 000 euros de frais vétérinaires à Cœur sur Pattes et verser 800 euros de dommages et intérêts à l’association.
En outre, le tribunal ordonne la confiscation de Riya et sa remise officielle à Cœur sur Pattes, avec exécution provisoire. Riya, qui vit déjà auprès de l’association depuis 2023, peut désormais y rester légalement — sans attendre l’issue d’un éventuel recours en appel.
La défense a annoncé faire appel de la décision immédiatement à l’issue du délibéré.
Ce que ce jugement dit du droit animalier en France
La condamnation prononcée le 16 février s’appuie sur un cadre législatif qui s’est considérablement renforcé ces dernières années. Depuis la loi du 30 novembre 2021 relative à la lutte contre la maltraitance animale, les sanctions encourues pour mauvais traitements envers un animal domestique ont été significativement alourdies. Le tribunal dispose également, en cas de condamnation, de la faculté d’ordonner la confiscation de l’animal et sa remise à une association reconnue — ce qu’il a fait dans cette affaire.
C’est précisément ce cadre juridique qu’ARGOS 42 défend et promeut au quotidien, à travers ses actions de plaidoyer et de sensibilisation auprès des institutions. Parce que la loi, aussi solide soit-elle, ne produit ses effets que si elle est connue, appliquée et soutenue par une mobilisation citoyenne active. Pour en savoir plus sur nos actions en matière de droit animalier, consultez nos articles juridiques.
Ce jugement pose aussi une question qui mérite d’être posée : la maltraitance par négligence est-elle suffisamment prise en compte et sanctionnée en France ? Le débat existe, il est légitime, et il concerne chacun d’entre nous en tant que propriétaire, citoyen et acteur de la cause animale.
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Une mobilisation qui a pesé
L’affaire Riya n’aurait pas eu le même retentissement sans la mobilisation massive qui l’a accompagnée. Plus de 87 000 personnes ont signé la pétition #JusticePourRiya lancée par ARGOS 42 et Coeur sur Pattes. Des dizaines d’associations se sont constituées parties civiles ou ont relayé l’affaire. Les réseaux sociaux ont amplifié chaque audience, chaque délibéré, chaque rebondissement.
ARGOS 42 fait partie de celles et ceux qui ont soutenu cette mobilisation depuis le début : relais d’information, soutien à Cœur sur Pattes, sensibilisation de notre réseau de bénévoles et de sympathisants. Pas pour s’en attribuer le mérite — mais parce que c’est notre rôle. Informer avec rigueur, alerter sans relâche, agir collectivement pour faire entendre la voix des animaux qui ne peuvent pas parler.
Le mérite de cette avancée revient avant tout à Cœur sur Pattes, à Diane Gouhier et à toute son équipe, pour trois ans d’un combat judiciaire épuisant mené avec intégrité et détermination.

Ce qui reste ouvert
Ce jugement est une avancée. Ce n’est pas une conclusion.
La procédure en cassation concernant le volet « vol de chien » visant Diane Gouhier est toujours en cours, à l’heure où nous écrivons ces lignes. L’appel annoncé par la défense sur la condamnation pour maltraitance remet en jeu une partie de ce qui vient d’être décidé. L’issue finale de l’affaire Riya n’est pas encore écrite.
ARGOS 42 continuera à suivre ce dossier et à vous informer de chaque évolution. Retrouvez toutes les mises à jour en temps réel sur notre page de suivi dédiée.
En attendant, une chose est certaine : Riya est en sécurité. Et c’est déjà beaucoup.
Agir pour les animaux, concrètement
L’affaire Riya illustre ce que peut accomplir une mobilisation coordonnée, rigoureuse et respectueuse des procédures. Elle illustre aussi pourquoi le travail des associations de protection animale — sur le terrain, devant les tribunaux, auprès des institutions — est indispensable.
Si vous souhaitez comprendre comment la maltraitance animale est définie et sanctionnée en droit français, nous vous invitons à consulter nos ressources juridiques. Si vous voulez agir concrètement, découvrez comment nous soutenir.
Nous rappelons enfin que les réactions violentes ou diffamatoires à l’encontre des personnes impliquées dans cette affaire nuisent aux procédures en cours et affaiblissent le travail des associations. Agissons avec bienveillance et responsabilité — pour Riya, et pour tous les animaux qui attendent encore que la justice se prononce en leur faveur.


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