Violences conjugales : protéger les victimes, protéger leurs animaux
En France, face aux violences intrafamiliales et conjugales, jusqu’à 48 % des victimes retardent leur départ par peur de laisser derrière elles leur chien ou leur chat [1] . Cette réalité, encore trop méconnue, pousse aujourd’hui les pouvoirs publics et les associations à mettre en place de nouvelles solutions concrètes.
Les agresseurs utilisent parfois l’animal comme levier de chantage ou cible de violences, rendant la fuite encore plus difficile.
Depuis 2024, la France met en place de nouveaux dispositifs pour que plus personne n’ait à choisir entre sa sécurité et celle de son compagnon.

Le protocole de Toulouse : une première en France
Le 8 juillet 2025, le procureur général de Toulouse, Nicolas Jacquet, et la Confédération Nationale Défense de l’Animal (CNDA) ont signé un protocole inédit intitulé « Une seule violence».
Objectif : offrir une solution immédiate et coordonnée aux victimes et à leurs animaux.
Concrètement :
- Les chiens et chats sont pris en charge gratuitement par les refuges CNDA pour 15 jours, renouvelables une fois.
- Si l’animal subit lui aussi des violences, le parquet peut convoquer l’auteur devant une audience unique.
- Ce dispositif crée un lien officiel entre protection animale et protection humaine : une avancée juridique et sociétale majeure.
Familles d’accueil et refuges partenaires
Au-delà de Toulouse, d’autres villes expérimentent déjà des solutions :
- Refuges et associations mettent à disposition des familles d’accueil temporaires.
- Certains centres d’hébergement d’urgence acceptent désormais chiens et chats.
- Quand ce n’est pas possible, un guichet unique oriente rapidement la victime et son animal vers une solution sécurisée.
Ces relais permettent de lever le frein psychologique qui empêche tant de victimes de quitter leur foyer.
- Espagne : la loi impose déjà aux refuges et structures sociales de prévoir des solutions pour les animaux de victimes.
- Royaume-Uni : campagnes comme Ruby’s Law pour inclure les animaux dans les ordonnances de protection.
- États-Unis : le PAWS Act finance l’accueil des animaux dans des refuges et familles d’accueil.
Ces initiatives montrent une tendance claire : reconnaître le lien indissociable entre victimes et animaux, pour mieux protéger les deux.
Argos42 salue ces initiatives, qui mettent (enfin) un lien entre la violence humaine et animale. Il serait pertinent que ces dispositifs soient généralisés à l’ensemble du territoire afin que chaque victime puisse être accompagnée avec son animal.
Besoin d’aide ? En cas de situation de violences intrafamiliales, vous pouvez contacter le 39 19 (appel gratuit et anonyme).
Sources :
[1] Hardesty, J. L., Khaw, L., Ridgway, M. D., Weber, C. et Miles, T. (2013). Contrôle coercitif et abus dans les décisions des femmes concernant leurs animaux de compagnie lorsqu’elles cherchaient un refuge. Journal de la violence interpersonnelle, 28(13), 2617- 639 https://doi.org/10.1177/0886260513487994 [consulté le 20 Août 2025].
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Merci de partager cet article très instructif.




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