Salon du chiot à Saint-Étienne : la mairie sommée de tenir ses engagements

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Un salon du chiot doit se tenir en octobre 2026 au Parc des expositions de Saint-Étienne, malgré une charte signée par le maire Régis Juanico qui s’y engageait à interdire ce type d’événement dans les bâtiments municipaux. Depuis avril 2025, ARGOS42 documente ce dossier pièce par pièce : demande de documents administratifs restée sans réponse, saisine de la CADA, recours devant le tribunal administratif, pétition signée par plus de 22 000 personnes, et enfin rassemblement le 21 septembre 2026 devant l’hôtel de ville, le jour même du Conseil municipal. Voici le récit complet de ce dossier, de son origine à aujourd’hui.

Qu’est-ce qu’un salon du chiot, et pourquoi ARGOS42 s’y oppose

Un salon du chiot est une foire commerciale où des chiots, parfois très jeunes, sont vendus sur place à des visiteurs venus se promener sans intention d’achat précise. L’acheteur ne dispose d’aucune information sur les conditions d’élevage dont provient l’animal, ni sur son état de santé réel. Ce mode de vente favorise les achats impulsifs, et les refuges en constatent les conséquences quelques mois plus tard : des animaux abandonnés une fois la réalité de leur garde découverte.

Un chiot en cage

Certaines municipalités ont tenté un compromis en autorisant l’exhibition d’animaux tout en interdisant leur vente sur place. Dans les faits, ce subterfuge ne change rien au problème de fond : les animaux continuent d’être vendus, mais sous le manteau, hors du regard des visiteurs et des contrôles. ARGOS42 refuse ce faux compromis et demande une interdiction pleine et entière.

Plusieurs villes françaises ont déjà renoncé à accueillir ce type d’événement sous la pression d’associations de protection animale : Avignon, Cambrai, Châteauroux, Caen, Salon-de-Provence et Dijon en font partie. Rien n’empêche juridiquement Saint-Étienne de faire de même. Il manque la volonté politique de le faire. => Voir la carte des victoires

Une charte signée, puis reniée

Début 2026, en pleine campagne municipale, Régis Juanico a signé des chartes en faveur de la condition animale. Parmi les engagements pris figurait l’arrêt de l’accueil de salons animaliers dans les bâtiments relevant de la compétence municipale, dont le Parc des expositions. Une fois élu, la nouvelle municipalité a présenté ces engagements comme une avancée pour la cause animale à Saint-Étienne.

Un salon du chiot reste pourtant programmé en octobre 2026 au Parc des expositions, un bâtiment qui relève bien de la compétence de la mairie.

L’historique de la demande de documents administratifs, depuis avril 2025

Le dossier ne commence pas avec la campagne municipale de 2026. Dès le 13 avril 2025, ARGOS42 avait réclamé à la mairie de Saint-Étienne, alors sous la précédente municipalité, la communication des documents administratifs relatifs à l’organisation de salons du chiot dans des bâtiments publics. Cette démarche s’est heurtée à un mur de silence.

Face à cette absence de réponse, l’association a saisi la commission d’accès aux documents administratifs (CADA) le 3 juillet 2025. La CADA a rendu, le 18 septembre 2025, un avis favorable à la communication de ces documents. Cet avis n’a pas été suivi d’effet.

ARGOS42 a alors porté l’affaire devant le tribunal administratif de Lyon en janvier 2026, dans le cadre d’un recours pour excès de pouvoir , toujours en cours à ce jour. Malgré le changement de municipalité en mars 2026 et les multiples relances de l’association, les documents demandés n’ont toujours pas été intégralement transmis.

Seule la délégation de service public (DSP) du Parc des expositions a été communiquée à l’association. Les contrats signés entre GL Events, le délégataire, et les organisateurs des salons du chiot restent non transmis, alors qu’ils contiennent des informations déterminantes pour négocier un avenant à la DSP.

Une pétition à plus de 22 000 signatures

Dès le début du nouveau mandat municipal, en mars 2026, ARGOS42 a sollicité un rendez-vous avec les nouveaux élu·e·s pour évoquer les mesures à prendre afin d’empêcher durablement la tenue de salons du chiot au Parc des expositions. La demande est restée sans réponse.

Mi-août 2026, après avoir découvert la programmation de l’édition d’octobre, ARGOS42 a lancé une pétition demandant au maire de tenir ses engagements de campagne et de faire annuler l’événement. Plus de 22 000 personnes l’ont signée en quelques semaines. C’est cette mobilisation qui a fini par décider la mairie à recevoir l’association, après des mois de silence.

Ce que révèle l’entretien du 20 août avec la mairie

Le 20 août 2026, un échange avec le directeur de cabinet du maire a confirmé les craintes de l’association. Depuis les élections de mars, la mairie n’avait organisé qu’un seul rendez-vous de négociation avec GL Events, cinq mois après le début du mandat. La question des salons animaliers n’y figurait que comme un point parmi d’autres à l’ordre du jour.

Sans négociation aboutie, aucune modification du contrat de délégation n’a pu être obtenue. Et sans modification du contrat, GL Events reste juridiquement en droit d’organiser l’événement d’octobre. Le directeur de cabinet a par ailleurs refusé de se mobiliser pour faire annuler l’édition d’octobre 2026, et a laissé entendre que l’engagement de campagne pourrait, lui aussi, ne pas être tenu.

Un avenant possible, un exemple à Toulouse

ARGOS42 ne se contente pas de demander l’annulation du salon d’octobre. L’association réclame un avenant à la délégation de service public du Parc des expositions, qui exclurait définitivement la tenue de salons animaliers dans cet équipement. Ce type de modification contractuelle n’a rien d’inédit : la métropole de Toulouse y a eu recours pour son Marché d’intérêt national.

Le contrat liant la Ville et la métropole de Saint-Étienne à GL Events prévoit lui-même, dans son article 7, la possibilité pour les collectivités de solliciter à tout moment une révision du contrat, notamment pour imposer au délégataire de nouvelles contraintes de fonctionnement. La Ville dispose donc d’un levier contractuel pour agir, si elle choisit de s’en saisir.

L'article 7 spécifie que la Ville et la métropole de Saint-Étienne peuvent à tout moment solliciter une révision du contrat, notamment dans le cas où
Photo : Extrait de la DSP signée entre la Ville, la métropole et la société gérante du Parc Expo GL EVENTS

Le rassemblement du 21 septembre devant l’hôtel de ville

Le 14 septembre 2026, ARGOS42 a annoncé la tenue d’un rassemblement devant l’hôtel de ville de Saint-Étienne, fixé au lundi 21 septembre à l’occasion du Conseil municipal. L’appel à mobilisation était clair : rappeler au maire ses engagements de campagne et exiger l’annulation du salon d’octobre.

Le 21 septembre, jour dit, les militant·e·s d’ARGOS42 se sont effectivement rassemblé·e·s sur la place de l’hôtel de ville. Pancartes appelant à l’annulation de l’événement, tracts informatifs distribués aux passant·e·s, prise de parole au mégaphone du président de l’association : le dispositif a permis de retracer publiquement l’ensemble de la chronologie du dossier, du silence initial de la mairie jusqu’aux 22 000 signatures de la pétition.

manifestation contre l'organisation de salon du chiot dans les bâtiments de la mairie de Saint-Etienne

En marge du rassemblement,  des élues d’opposition ont déposé une question orale sur ce dossier en séance du Conseil municipal, dont l’extrait est disponible en ligne.

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La mairie avait par ailleurs jusqu’au 22 septembre 2026 pour présenter ses arguments en défense devant le tribunal administratif de Lyon, dans le cadre du recours engagé par ARGOS42 sur l’accès aux documents administratifs.

Une annonce tardive et ambiguë : la mairie promet l’arrêt… en 2027

Le 17 septembre 2026, quelques jours avant le rassemblement, la Ville de Saint-Étienne a publié un communiqué se félicitant de l’organisation d’un premier salon de l’adoption d’animaux et de l’arrêt du salon du chiot à partir de 2027.

ARGOS42 a réagi immédiatement à cette annonce :

« Nous prenons acte de l’annonce de la Ville de Saint-Étienne. Elle confirme que la mobilisation d’ARGOS42 a pesé sur la position de la mairie, mais elle intervient tardivement : rien n’empêchait la municipalité d’agir dès le début de son mandat pour écarter la tenue d’un salon du chiot cette année. La délégation de service public le permettait, l’exécutif avait le pouvoir de la modifier, il ne l’a pas fait à temps. »

ARGOS42 maintenu sa demande d’annulation du salon d’octobre 2026, l’annonce du 17 septembre ne changeant rien à la tenue de cet événement.

Le contexte national : une proposition de loi encore bloquée

Le dossier stéphanois s’inscrit dans une bataille plus large, menée à l’échelle nationale. Une proposition de loi visant à encadrer, voire interdire, les salons du chiot est portée à l’Assemblée nationale par la députée Corinne Vignon (PPL n°2557).

Tant que cette loi n’est pas votée, la tenue de salons du chiot dépend du bon vouloir de chaque municipalité et de chaque délégataire d’équipement public. Le dossier de Saint-Étienne illustre concrètement pourquoi ARGOS42 continue de porter ce combat aussi sur le terrain législatif : sans cadre national contraignant, chaque ville doit être convaincue, ou contrainte, une par une.

Les demandes d’ARGOS42

L’association maintient l’intégralité de ses demandes auprès de la mairie de Saint-Étienne :

  • l’annulation de l’édition du salon du chiot prévue en octobre 2026 ;
  • un engagement écrit et définitif du maire Régis Juanico à ne plus jamais autoriser de salon d’exhibition et de vente d’animaux dans un bâtiment municipal, via un avenant à la délégation de service public du Parc des expositions ;
  • la communication complète des documents administratifs demandés depuis avril 2025 ;
  • une clarification sans ambiguïté du caractère pérenne, et non limité à 2027, de l’arrêt annoncé par la mairie.

« Ils ont signé une charte, ils organisent un salon du chiot, et ils nous répondent par le silence », a déclaré l’association lors du rassemblement du 21 septembre. « Ce silence, nous continuerons à le briser tant que ce salon, et les suivants, n’appartiendront pas définitivement au passé. »

Foire aux questions

Le salon du chiot d’octobre 2026 à Saint-Étienne va-t-il avoir lieu ? À ce jour, oui. La mairie affirme que son annulation est impossible cette année, faute d’avenant signé avec le délégataire GL Events avant l’échéance.

La mairie de Saint-Étienne a-t-elle pris un engagement contre les salons du chiot ? Elle a annoncé, le 17 septembre 2026, l’arrêt du salon du chiot à partir de 2027. ARGOS42 demande que cet engagement soit clarifié et rendu pérenne, l’annonce actuelle ne précisant pas s’il s’agit d’une suspension limitée à une seule année.

Pourquoi ARGOS42 a-t-elle saisi le tribunal administratif ? Pour obtenir la communication de documents administratifs demandés depuis avril 2025, dont un avis favorable de la CADA n’a pas suffi à obtenir la transmission par la mairie.

Comment soutenir la mobilisation ? En signant et en partageant la pétition, et en suivant les actualités d’ARGOS42 sur ce dossier.

Comment soutenir la mobilisation

La pétition reste ouverte à la signature et au partage : Stoppons le salon du chiot d’octobre à Saint-Étienne.

Vous pouvez également signez notre lettre ouverte à destination des maires de France

Sans annulation avant octobre, ARGOS42 a annoncé qu’elle poursuivrait et intensifierait ses actions, sur le terrain judiciaire comme sur celui de la mobilisation publique.

Cette mobilisation est non violente, apolitique et sans aucun affichage politique.



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